Egypte

Samir Amin : les Frères musulmans se sont inventé neuf millions de voix supplémentaires. D. R

 

Algeriepatriotique : Trop d’hypothèses sont faites autour de l’éviction du président égyptien Morsi par l’armée. Quelles en sont les véritables raisons ?

Samir Amin : La seule et véritable raison est que Morsi était rejeté par le peuple égyptien. La preuve en est donnée par la campagne de signature de Tamaroud qui avait réuni, avant le 30 juin, vingt-six millions de signatures demandant le départ de Morsi. Ces signatures n’ont pas été ramassées n’importe comment. Elles représentent un chiffre vrai. La manifestation du 30 juin était bel et bien attendue. Seulement, elle a dépassé tout ce qu’on pouvait imaginer. Les chiffres indiquent que dans toute l’Egypte, et non seulement à la place Tahrir, il y avait trente-trois millions de manifestants, le 30 juin.

Egypte: Communiqué de la LTDDH

Suite au tournant gravissime dû à la recrudescence de la violence, mercredi 14 août, entraînant des centaines de victimes mortes ou blessées, dont 43 parmi les forces de police à la prise d’assaut des Places « Adawyya » et « Annahdha » au Caire pour disperser les deux sit-in de contestation qui s’y sont installés depuis six semaines, la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme :

 NOUS CONDAMNONS LE MASSACRE DE LA POLICE ÉGYPTIENNE CONTRE LES MANIFESTANTS

La FTCR et le CRLDHT condamnent le plus fermement possible le massacre commit par la police égyptienne contre les manifestants partisans du président Morsi destitué.

La charge de la police et des forces de l'ordre contre les places occupées par les manifestants ont provoqué a été un véritable bain de sang qui s'est soldé par la mort de centaines de personnes dont des policiers, des journalistes et d’innombrables blessés.

Notre soutien aux revendications démocratiques légitimes du peuple égyptien et à sa lutte contre le fanatisme religieux est un soutien de principe basé sur notre attachement aux valeurs universelles des droits de l'homme et à toutes les libertés d'expression et qui n'accepte en aucun cas les violences policières et le massacre des manifestants.

Reporters sans frontières condamne la série d’exactions dont ont été victimes les professionnels de l’information ces derniers jours en Egypte.

Le photographe Mohamed Bader a été arrêté place Ramsès au Caire alors qu’il couvrait les affrontements entre les partisans de l’ancien président Mohamed Morsi et les forces de police, qui ont fait 7 morts et au moins 260 blessés, le 15 juillet 2013. Plus de 400 personnes ont, comme lui, été appréhendées dans le cadre d’une enquête ouverte sur les violences du 15 juillet. Le 18 juillet, le procureur général a prolongé cette détention de quinze jours et Mohamed Bader a été inculpé pour “possession d’arme”, “atteinte à la sécurité nationale” et “ offense aux forces de l’ordre”. A ce jour, Mohamed Bader n’a toujours pas été libéré.

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