Reporters sans frontières dénonce la décision du tribunal de première instance de Aïn Sebaâ (à Casablanca) de condamner à deux mois de prison avec sursis Youssef Jajili, directeur de publication du magazine Al-Aan pour “diffamation”. Peine privative de liberté qui a été assortie d’une amende de 50 000 dirhams (environ 4500 euros). Le journaliste a également été condamné à verser un dirham symbolique au plaignant pour dommages et intérêts. Le jugement devra en outre être publié dans quatre journaux marocains.
A l’occasion de l’examen périodique universel du Yémen devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies lors de la dix-huitième session qui se tiendra en janvier-février 2014, Reporters sans frontières, qui bénéficie d’un statut consultatif auprès des Nations unies, a fait parvenir au Conseil ses observations et recommandations sur la situation de la liberté de l’information dans le pays.
Le syndicat national de la presse réagit à la condamnation à deux mois de prison avec sursis du directeur de publication de Al Aan. Selon le SNPM, le procès a été entaché de "deux irrégularités".
La condamnation ce lundi matin de Youssef Jajili, directeur de publication de Al Aan, à deux mois de prison avec sursis, suscite de vifs commentaires. Il s’agit de la première peine à la prison pronconcée à l'encontre d'un journaliste depuis l’avènement en 2011 du gouvernement Benkirane, dont le ministère de la Communication est dirigé par le journaliste Mustapha El Khelfi, fervent militant du Parti justice et développement (PJD). El Khalfi prépare actuellement un nouveau code de la presse appelé à ne plus contenir des peines privatives de liberté.
Reporters sans frontières s’inquiète profondément de la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays et de la conduite de certaines des milices envers les journalistes. De manière récurrente au cours des derniers mois, des professionnels de l’information ont été attaqués, menacés et enlevés par certaines de ces milices.
L’organisation demande expressément au gouvernement libyen de s’assurer de la sécurité des journalistes et de contrôler la conduite de certaines milices travaillant sous le commandement des ministères de la Défense et de l’Intérieur, ou intégrées ne serait-ce que de manière ad hoc aux structures de l’Etat, et de sanctionner les auteurs de ces exactions.