Guerre et paix

Tandis que le camp de réfugiés palestiniens de Nahr-el-Bared est totalement détruit après plusieurs longues semaines de bombardements intensifs par l’armée libanaise contre le Fatah al-Islam, que le camp de Baddawi est devenu le nouveau refuge surpeuplé de réfugiés parmi les réfugiés, que la question de l’organisation de la sécurité des Palestiniens au Liban est de nouveau à l’ordre du jour.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU a mis fin à un mois de combats entre Israël et le Hezbollah mais n’a pas fait grand-chose pour résoudre le véritable conflit qui les oppose et qu’une mauvaise application de cette résolution pourrait raviver. Cette résolution connaît un succès remarquable et est généralement bien appliquée par les parties intéressées. Cependant, les parties pourraient être tentées d’en faire trop, ce qui pourrait entraîner un regain de violence.

Le Liban sur un baril de poudre

Le Liban se retrouve déstabilisé et au bord d’un nouvel effondrement, se rapprochant toujours plus d’une opposition explosive entre sunnites et chiites, avec une communauté chrétienne affaiblie et divisée coincée entre les deux. Le fragile équilibre politique et sectaire établi depuis la fin d’une guerre civile sanglante en 1990 n’a jamais été la solution idéale et n’a pu être maintenu qu’à un prix élevé. Cet équilibre reposait sur le consentement occidental et israélien d’une tutelle syrienne et sur un système politique national peu propices à des réformes internes qui faisaient cruellement défaut, et il était grand temps d’opérer un changement.

Lorsque les négociations israélo-palestiniennes sur le statut final reprendront, la question des réfugiés palestiniens en sera probablement l’une des principales pierres d’achoppement. Depuis la guerre de 1948, la situation des réfugiés et leur revendication d'une reconnaissance du droit au retour ont occupé une place centrale dans la lutte palestinienne. Les Palestiniens préviennent qu’une communauté de réfugiés en colère dont les principales revendications resteraient insatisfaites ferait obstacle à tout accord de paix. De leur côté, les Israéliens rejettent l’idée de tout retour significatif qui compromettrait la viabilité de l’Etat juif.

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