La Tunisie qui a signé la première l'accord d'association avec l'UE garde un certain niveau de protection de son secteur agricole, à la fois pour des raisons économiques et sociales. Toutefois, la libéralisation des échanges agricoles, en portant la concurrence sur le marché intérieur, risque de remettre en cause cette dynamique sinon dans son ensemble du moins pour l'agriculture familiale, les secteurs et les territoires les moins compétitifs.
Cette étude a pour objectif de mettre en lumière les mécanismes de fonctionnement et de dynamique de reproduction des différentes formes d'exploitation à la fois en les replaçant dans leur environnement territorial et en tenant compte des conditions d'évolution du secteur en question.
De là, elle doit permettre de mieux évaluer la capacité de réaction des différents types d'agriculture à la libéralisation des échanges agricoles et à la déprotection de l'agriculture tunisienne, en prenant en considération à la fois la compétitivité des produits, la capacité du type d'exploitation et enfin la nature territoriale de l'organisation de la production. C'est donc en définitive une approche territoriale qui semble le plus à même de répondre à notre question de recherche à savoir la capacité différenciée de l'agriculture tunisienne à faire face à une libéralisation complète des échanges dans le cadre de la zone euroméditerranéenne. Ce texte présente en premier lieu les mutations de l'agriculture tunisienne et du monde rural et leur signification, en second lieu nous donnons une lecture de l'évolution de la politique agricole et de la place de celle -ci dans l'économie tunisienne, pour enfin estimer l'impact possible d'une plus grande libéralisation des échanges agricoles et alimentaires et les capacités différenciées d'y faire face par les différents types d'exploitations et de territoires.
Mohamed ELLOUMI
Région et développement, numéro 23, 2006