La date fatidique du 1er janvier 2008 n’a pas suffi aux membres de l’Organisation mondiale du commerce pour aboutir à un consensus dans le cadre du Cycle de Doha. Membre actif du groupe informel des pays africains, le Maroc a consolidé son projet initial à l’OMC en attendant de finaliser son offre définitive. Il est aussi appelé à donner sa réponse au document de travail relatif à l’agriculture confié, il y a quelques jours, aux pays membres de cette organisation avant de se pencher sur les textes, la liste des produits industriels et des services, qui seront mis à la table de négociations au mois de février. Mais ce n’est pas tout, il doit aussi prendre une position claire en matière des règles d’origine, de réglementation interne et de marchés publics.

Il faut dire que le Maroc n’est pas un débutant en la matière. Cela fait déjà 13 ans qu’il est membre de l’OMC ; il a signé un accord de libre-échange avec l’Union européenne, la Turquie, les USA comme il est lié par l’Accord d’Agadir. Cela démontre que le Royaume a clairement pris option pour l’ouverture de son marché et la libéralisation de ses échanges avec l’extérieur.Cette option d’intégration dans l’économie mondiale ne lui permet pas, donc, de se faire des illusions. Il ne doit pas compter sur les recommandations des organisations mondiales pour réaliser son développement et sa croissance économique. Il est judicieux de renforcer sa compétitivité internationale pour préserver et améliorer ses parts de marché. Cela ne se concrétisera, cependant, qu’après un effort réel de recentrage, de modernisation de son outil de production et d’investissement sur les ressources humaines. Ce sont les conditions préalables à même d’aboutir à une production à forte valeur ajoutée et à forte valeur technologique.Volet agricole, trois domaines font l’actualité et l’effort des Etats et des groupements économiques. Il s’agit des subventions à l’exportation, du soutien interne à la production ainsi que de l’accès au marché. Ce sont, d’ailleurs, les questions défendues par le Maroc au sein de son groupe à l’OMC.En matière des services, la tendance est qu’il s’agit d’un domaine où les pays développés veulent une libéralisation plus substantielle. Ce qui intéresse le Maroc, c’est de réussir son plan Emergence qui devra favoriser les nouveaux métiers, notamment l’offshoring, d’où la nécessité d’obtenir des concessions à ce niveau.Concernant les produits industriels, les exportations marocaines bénéficient d’un accès au marché européen à 0% de droits de douane. N’étant pas un pays industriel, il n’est pas confronté à des problèmes à ce sujet.Au-delà des négociations en cours, le développement du Maroc passe inévitablement par l’amélioration de sa compétitivité internationale qui est en perte de vitesse au niveau de plusieurs marchés mondiaux. L’impasse des négociations sur l’agriculture avec l’Union européenne est un indicateur qui ne doit pas laisser indifférent. Aussi, est-il urgent de faire jouer les mécanismes de la bonne gouvernance et d’opérer des choix politiques et économiques à même d’améliorer les exportations marocaines à forte valeur ajoutée.

Mohamed Kadimi

Journal Liberation

5 janvier 2008

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