Le travers du savoir. Représentation du diplôme et du travail au Maroc.

À l'instar de nombreux pays, le Maroc doit faire face aujourd'hui au « chômage intellectuel » de ses diplômés sortis de l'université, voire des écoles d'ingénieurs. Cette situation donne lieu à l'interprétation courante, tant de la part des acteurs politiques que des médias, de « l'inadéquation entre formation et emploi ». Elle pose aussi, et plus profondément, la question de l'articulation entre savoir et travail. À travers l'examen successif de la construction historique de l'université marocaine, puis des représentations du diplôme par les lauréats de l'enseignement supérieur, issus du milieu populaire, enfin de leurs pratiques d'intégration, cet article montre que, après avoir été au centre du principe d'acquisition du capital social et économique, le savoir et le titre préludent aujourd'hui au déclassement. Ils génèrent en outre la conquête de positions dans sa classe, dominée, d'appartenance — plutôt que de chercher à accéder à la classe supérieure —, ou la décision de s'exiler à l'étranger. En conclusion, cet article avance l'hypothèse que le savoir universitaire pourrait sédimenter un « contre-champ » social, en marge de l'élite et du champ politique.

(Étienne Gérard

Bernard Schlemmer)

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