Le phénomène de la mendicité au Maroc

 Par Montassir sakhi

On les rencontre souvent dans les rues, les autobus, les terrasses de cafés, les portes des mosquées. On les connaît à travers leurs visages ternes et leurs haillons crasseux qui reflètent leur situation misérable.
Au Maroc, les mendiants professionnels dépassent les cinq cents mille selon les statistiques. La pauvreté, le chômage, l'absence d'un salaire fixe sont les causes principales de ce phénomène.
Jeunes, enfants, hommes, femmes, vieillards et handicapés, tous sont exposés à l'humiliation: tendre la main et demander l'aumône. "Il n'y a ni chômage payé ni travail, tendre la main vaut mieux que crever de faim", affirme un mendiant.
Être mendiant, ce n'est pas la plus simple des choses, cela ne nécessite pas d'avoir un piston avec son diplôme et une somme d'argent. Mais pour être un mendiant gagneur, il faut accumuler de l'expérience et quelques astuces tels que la ruse, l'étude de marché, apprendre certains versets coraniques afin d'éveiller les sentiments de compassion religieuse chez les gens, savoir articuler les invocations et les prières.
Depuis le matin (Chi Sadaka Lillah Ya Mouhcinine) jusqu'au soir, leurs gorges épuisées ne cessent de crier d'un quartier à l'autre.
"Même si c'est peu, 50 dh par jour, mais c'est déjà quelque chose", ajoute une mendiante en allaitant son bébé.
Il est vrai que le gouvernement marocain est plus conscient des effets de ce fléau social. L'Etat a pu prendre quelques mesures pour lutter contre la mendicité en sensibilisant les gens. Or ces réformes engagées depuis quelques années ne sont pas suffisantes et restent inefficaces pour lutter contre ce fléau.
Les chiffres enregistrés ne peuvent qu'indiquer la précarité de cette anomalie sociale de plus en plus menaçante. Les programmes électoraux des partis politiques doivent comporter des solutions ayant pour but de remédier à ce problème.

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