L’organisation, A PARIS en 2011, des premières assises de l’immigration, a été un moment fédérateur qui a regroupé une partie significative des associations et des compétences tunisiennes dans le monde. Plusieurs initiatives, collectifs et autres dynamiques ont marqué la période post-révolutionnaire tunisienne et ont mobilisé les Tunisiens, dans leur diversité.

En réunion de travail, sur le bilan et les perspectives des assises de l’immigration, plus de 100 personnes, dont des acteurs de la société civile et 27 représentants d’associations, fédérations et collectifs, de différentes régions de France (Angers, Grenoble, Ile-de-France, Lille, Lyon, le Mans, Marseille, Nice, Oise) et de différents pays (Belgique, Italie, Suisse) et de membres individuels ont débattu ensemble, du soutien au processus révolutionnaire et des objectifs de la révolution, des réalisations de leurs revendications, portées par un Cahier de Doléances, dans le cadre des Assisses, et présentées aux autorités tunisiennes, aux acteurs de la société civile et aux médias.

Après avoir acté la nécessaire mobilisation collective, les associations ont décidé de :

-De dépasser l'expérience des assises en proposant d'inclure les autres expériences associatives dans un rassemblement plus large
-Créer un Comité de Coordination Provisoire de l’immigration tunisienne à l’étranger incluant les associations présentes à Aubervilliers à la réunion du 21 janvier 2012 et ouvertes à toutes les autres qui partagent la charte et les objectifs dans leurs grandes lignes.
-Mise en place aux niveaux régionaux et dans les différents pays de l’immigration tunisienne de coordinations qui devront se doter d'une coordination générale.
-Mettre en place un calendrier et des modalités d’action pour favoriser la participation des associations à une dynamique ouverte et unitaire autour de valeurs et d’objectifs partagés.
-De poursuivre la mobilisation pour la réalisation des objectifs que nous nous fixons dans la défense des intérêts moraux et civiques des tunisien(ne)s à l’étranger, par la mise en œuvre effective des revendications acceptées et défendues par les organisations de la société civile et les partis politiques.
-De veiller, par l’organisation de réunions de travail et de concertation avec les élu(e)s censé(es) nous représenter en vue de la réalisation de nos revendications de défense des tunisiens à l’étranger, de leurs intérêts et droits à l’égalité et à la citoyenneté pleine et entière.
-De demander aux autorités tunisiennes d’en finir avec les restes du RCD à l’étranger, en ouvrant les locaux appartenant à l'État tunisien aux associations des tunisiens pour l’organisation de leurs activités et pour faire vivre une vie associative libre et autonome. et de recruter des compétences locales pour les postes en lien avec l’ immigration.
-De réclamer la révision des accords bilatéraux avec les pays européens en ce qui concerne l’immigration et d’exiger la mise en place d’une politique respectueuse des droits à un traitement humain et digne pour les sans papiers et les harragas partout en Europe.
-De demander la création d'une commission d'enquête nationale indépendante reconnue, soutenue et dotée de moyens pour les tunisiens disparus en mer et en Italie.
Les associations et les acteurs de la société civile, réuni(e)s ce jour, considèrent donc que le temps des Assisses est dépassé, qu’il s’agit de co-construire ensemble une nouvelle dynamique plus large à la hauteur des attentes de l’immigration tunisienne à l’étranger. Ils réaffirment leur volonté de réclamer une concertation effective avec les Autorités Tunisiennes en ce qui concerne leur représentation, les outils et les organisations mises en place en leur faveur, le soutien à nos projets fédérateurs.
Dans le cadre d’une participation la plus large et la plus diversifiée, les acteurs associatifs décident de l’organisation d’une rencontre nationale en Tunisie et lancent leurs travaux de préparation dans les mois qui suivent au niveau régional et national.

Paris le 21 janvier 2012

Comité de Coordination Provisoire de l’immigration tunisienne à l’étranger :
(c/o FTCR 5 rue de Nantes 75019 – tel/fax : 01 40 34 18 15 - contact@citoyensdesdeuxrives.eu)


Charte des participantEs


1/ La participation à cette dynamique peut se faire soit au titre d’une association, d’une ONG, d’un comité ou collectif … constitués par des Tunisien-nes à l’étranger, soit à titre individuel. Le seul critère à prendre en considération est l’indépendance et l’autonomie des participant-es vis à vis de l’Etat ou de quelques partis ou mouvements politiques que ce soit.
2/ La dynamique que nous voulons engager collectivement ainsi que les actions que nous entendons mener à l’avenir sont et seront pour nous l’occasion de réaffirmer notre attachement aux valeurs et aux acquis de la révolution tunisienne notamment la liberté, la dignité, la démocratie …
3/ C’est également ce qui explique notre refus de collaborer avec tous ceux qui ont eu des responsabilités dans les structures et instances liées à l’ex-RCD.
4/ Enfin, et en tant que Tunisien-nes à l’étranger, nous réaffirmons avec force notre refus de tous comportements d’exclusion, de discrimination ou d’intolérance, à l’égard d’autrui, en raison de son origine, de sa religion, de la couleur de sa peau, de genre, de ses opinions politiques ou de ses croyances philosophiques ou religieuses. Bref appliquer à nous-même les principes d’égalité et de non-discrimination que nous exigeons des autres à notre égard dans les différents pays où nous vivons.

Aubervilliers le 21 janvier 2012