Propos recueillis par Guillaume Beaulande.Samir Amin, économiste marxiste franco-égyptien, est depuis de longues années étroitement lié aux mouvements de luttes dans le tiers-monde.
Je n’ai pas l’intention, dans cet article, d’examiner avec autant de précision chacun des mouvements en cours dans le monde arabe (Tunisie, Libye, Syrie, Yémen et autres).
Pour l’universitaire et chercheur égyptien, plus rien ne sera comme avant : ce mouvement de protestation remet en cause à la fois l’ordre social interne aux pays et la place des pays arabes dans l’échiquier politique régional et mondial.
Le printemps arabe par Samir Amin.pdf
L'année 2011 s'est ouverte par une série d'explosions fracassantes de colère des peuples arabes. Ce printemps arabe amorcera-t-il un second temps de « l'éveil du monde arabe » ? Ou bien ces révoltes vont-elles piétiner et finalement avorter - comme cela été le cas du premier moment de cet éveil évoqué dans mon livre L'éveil du Sud. Dans la première hypothèse, les avancées du monde arabe s'inscriront nécessairement dans le mouvement de dépassement du capitalisme / impérialisme à l'échelle mondiale. L'échec maintiendrait le monde arabe dans son statut actuel de périphérie dominée, lui interdisant de s'ériger au rang d'acteur actif dans le façonnement du monde.