L’infection au VIH/SIDA et les travailleuses du sexe dans la région du Souss Massa Draa
La région du Souss Massa Draa (Agadir, Taroudant, Ouled Tayma, Ouarzazate, Zagora, Agdez) est l’endroit le plus affecté par le VIH/SIDA au Maroc (1). C’est que bien qu’il soit rare de trouver des « maisons de prostitution » dans les grands centres urbains, il y a toutefois beaucoup de travailleuses de sexe qui contribuent à la propagation de ce virus.
Ces dernières se retrouvent surtout dans les hôtels, en raison de l’industrie du tourisme grandissant et de la pauvreté qui ravage beaucoup de communes de cette unité territoriale. La problématique qui s’impose concerne surtout les attitudes des femmes professionnelles du sexe ainsi que leurs clients en ce qui a trait à la contraception et donc de la prévention du VIH/SIDA.
Les relations sexuelles pour un couple qui n’est pas uni devant la loi sont formellement interdites au Maroc et sous peine d’emprisonnement dans ce pays régit par la loi islamique. Le simple fait de posséder des préservatifs pour une femme célibataire est critique, car ceci peut être considéré comme une preuve qu’elle a eu ou qu’elle envisage d’avoir un acte sexuel hors de l’union matrimoniale. Ainsi, si une figure d’autorité, tel un policier, s’avère à trouver des préservatifs chez une femme qui n’est pas mariée, cela pourrait mener à un procès ainsi qu’aux conséquences qui s’en suivent, tel que décrit par Hassan (2) un militant pour les droits des travailleuses du sexe. La protection au niveau sexuel est de ce fait presque inexistante pour les travailleuses du sexe et c’est pourquoi il y a une forte propagation d’infections transmises sexuellement dans cette région du Souss Massa Draa.
Des campagnes de sensibilisation ont eu lieu visant à ce que les autorités comprennent les bénéfices de l’utilisation des préservatifs pour ces travailleuses du sexe afin de ne pas les confisquer et d’éliminer les sanctions attitrées à ces infractions. Cette tentative se révéla sans succès pour certaines localités lorsque ces deniers ont plutôt utilisé cette information afin d’effectuer des fouilles plus sérieuses dans les endroits suspectés. Ils ont donc utilisé ces informations contre elles, décrit un membre d’une association aidant les travailleuses du sexe à Ouarzazate.
En ce qui a trait à l’accessibilité des moyens de contraceptions, le coût pour s’en procurer s’avèrent pourtant abordable sans compter que les médecins en distribuent gratuitement aux travailleuses du sexe afin de prévenir les infections transmises sexuellement. A vrai dire, c’est en raisons de valeurs culturelles et d’éducation que les prostituées ainsi que leurs clients ne sont pas portés à se protéger.
Lorsque des associations tente de prendre les choses en main et d’agir pour réduire les cas de contamination aux infections transmises sexuellement tel le VIH/SIDA, la situation est délicate. En effet, lors d’un projet visant à aider les prostituées, il est difficile de faire appel à l’Etat étant donnés les tabous qui entourent cette question. Le manque de ressources s’avère donc un problème criant, déclare Hassan. Puisqu’un rapport sexuel hors mariage est considéré un crime selon la loi marocaine et que ne pas dénoncer implique un statut de complice, cela complique donc le travail des intervenants œuvrant dans ce milieu. C’est un problème qui « n’existe pas » selon les autorités judiciaires marocaines. Il faut alors masquer la réalité afin de pouvoir venir en aide à une partie de la population bien souvent marginalisée. Il existe toutefois des organismes leur venant en aide aux personnes atteinte de ce virus bien connu tel que l’Association de lutte contre le sida. Pour plus d’information, veuillez consulter le www.alcs.maroc.ma.
Ecrit par Caroline Montpetit
(1) M'bark CHBANI, Maroc : l’ASCS (Association Sud contre le SIDA) se dote d’une unité mobile d’information et de dépistage, dans AllAfrica.com, Publié le 24 mars 2008, Casablanca, En ligne http://fr.allafrica.com/stories/200803241175.html
(2) Ce nom est fictif, afin de préserver l’anonymat.















