Des ONG libanaises mettent les droits de l’homme en réseau

Quatre ONG viennent de lancer au Liban un "Projet d'espace virtuel multimédia", une plate-forme de partage d'information sur les droits de l'Homme, financée par l'Union européenne. Une initiative qui doit pallier au « manque de communication entre les ONG au Liban » expliquent-t-elles.

« Il y a beaucoup d'ONG au Liban. Elles font du bon travail, sérieux et professionnel. Mais elles travaillent chacune de leur côté, sans véritable communication entre elles. Il arrive parfois qu'elles fassent doublons, qu'elles mettent en œuvre un même projet, ou qu'elles lancent des recherches similaires. Pour éviter ça, et pour favoriser la mise en réseau de l'information, nous avons lancé le Projet d'espace virtuel multimédia » explique Sofia Palandri, responsable du projet. La jeune femme travaille pour COSV, une organisation de coopération italienne. Elle a l'habitude de travailler avec le Centre Libanais pour les Droits Humains (CLDH), le Mouvement pour la Paix Permanente (PPM) et KAFA ( enough Violence and Exploitation), des ONG locales engagées chacune dans des domaines différents des droits de l'Homme. C'est en discutant ensemble que l'idée de créer un espace de rencontre et de partage virtuel, mais aussi matériel, a germé. Le dossier finalisé a été soumis à un appel à projet de l'Union européenne qui l'a choisi pour le financer pendant deux ans.

Les quatre ONG doivent mettre en œuvre plusieurs activités : la création d'un site internet, l'ouverture d'une bibliothèque recensant le matériel disponible (dans les locaux du CLDH, une journée portes ouvertes a eu lieu vendredi 30 juillet 2010), l'organisation de six ateliers et d'un festival de cinéma sur les droits de l‘Homme et la publication de six recherches sur les droits de l'Homme. Le premier atelier doit avoir lieu mi septembre et concerne la torture. Chaque workshop se solde par la réalisation d'un film. Un festival en janvier 2011 présentera les films au public.

« Toutes ces activités servent le même but : améliorer la mise en réseau des ONG et pallier a leur manque de communication » rappelle Sofia Palandri. Pour la jeune femme, cette situation reflète la société libanaise, elle-même « très divisée selon des clivages religieux et politiques » et ce qui expliquerait que « la société civile ne soit pas très impliquée dans les problématiques des droits de l'homme. Par exemple, il n'y a jamais beaucoup de personnes qui suivent les ONG et participent aux manifestations. Chacun n'est intéressé que par ses propres problèmes. » L'objectif du projet est aussi de sensibiliser la société civile à ces questions en donnant davantage de visibilité aux ONG et à leur travail.

Jusqu'à présent, une quinzaine d'ONG participent au projet et ont déposé leurs archives (rapports, livres, vidéos, bulletins d'information, conventions internationales et autres informations telles que des campagnes, des événements, des projets). L'objectif est d'impliquer le maximum s'organisations pour parvenir à une véritable plate forme sur les droits de l'Homme. Sofia Palandri se souvient : « La plupart des associations étaient très heureuses de cette initiative. Elles considéraient important d'avoir un tel espace. Très peu ont exprimé des réserves. Celles qui l'ont fait ont eu peur que ce soit une manière de les contrôler. » Pour la jeune femme, le sérieux et l'indépendance reconnus des trois ONG locales qui mènent le projet avec elle est un gage de crédibilité. Le projet ne s'arrêtera pas dans deux ans après l'arrêt des financements de l'UE : « Nous en chercherons de nouveaux. Dans tous les cas, nous continuerons. C'est un véritable besoin » affirme Sofia Palandri.

BEYROUTH, par Anne Ilcinkas

iloubnan.info - Le 02 août 2010

http://www.iloubnan.info/social/actualite/id/49020/titre/Des-ONG-libanai...

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