Mettre fin au silence européen
sur les crimes israéliens de Gaza

Barcelone, 
envoyée spéciale/humanite

Les trois jours de travaux du tribunal Russell sur la Palestine ont mis en pleine lumière les « manquements de l’Union européenne et de ses États membres » à l’interdiction de contribuer aux violations du droit international commises par Israël. Cela concerne des domaines tels que « les ventes d’armes et de composants d’armes », « les exportations de produits en provenance des colonies », le fait que l’UE n’exige pas le remboursement des infrastructures qu’elle a financées et qu’Israël a détruites à Gaza, ni « le respect des droits humains inscrit dans l’accord d’association avec Israël ». Circonstance aggravante, l’UE ne peut plaider l’ignorance  : des rapports accablants lui sont transmis par ses propres représentants diplomatiques sur le terrain, rapports enterrés et interdits de publication par la Commission  ! Composé de personnalités internationales de premier plan, dont certaines comme Gisèle Halimi avaient participé au premier tribunal Russell sur le Vietnam, le jury n’avait pas à juger les crimes d’Israël  : la Commission des droits de l’homme de l’ONU, la Cour internationale de justice avec son avis de 2004 sur le mur et le rapport Goldstone de 2009 sur la guerre à Gaza l’ont fait. Le bouleversant témoignage d’Ewa Jaskiewicz, bénévole dans les services d’urgence pendant la guerre de Gaza, a rappelé l’horreur de ces crimes impunis. L’Europe se tait et n’exige même pas la levée du blocus de Gaza. Des élus européens, Véronique de Keyser (Belgique) et Francis Wurtz, ont brillamment montré comment « on est passé, vis-à-vis des Palestiniens, du soutien politique à l’aide humanitaire », tandis qu’Israël devenait un « quasi-membre de l’E ». Et pourtant, l’UE « a les moyens d’agir ». En commençant par adopter les sanctions prévues par l’accord d’association lui-même  : sa suspension, demandée dès 2003 par le Parlement européen, serait un premier pas. Mais aussi la poursuite des personnes soupçonnées de crimes de guerre à Gaza en vertu de la loi de compétence universelle.

Françoise Germain-Robin

source: www.humanite.fr

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