Tunisie: le militant des droits de l'Homme Khémaïs Chammari suspend sa grève de la faim

Le militant tunisien des droits de l'Homme Khémaïs Chammari a annoncé mardi avoir suspendu la grève de la faim qu'il observait depuis samedi dernier pour protester contre le "harcèlement" et "l'abus de pouvoir" dont il se disait victime.

"Au terme de trois journées d'une grève éprouvante en raison de mon état de santé et compte tenu de l'évolution de la situation, je suspend cette grève de la faim que j'ai entamée avec détermination, mais contraint et forcé", déclare-t-il dans un communiqué transmis à l'Associated Press.

Son action visait essentiellement à dénoncer "le blocus policier arbitraire et illégal" de son domicile lui interdisant toute visite à l'exception des membres de sa famille ainsi que "l'escalade répressive" dont il était la cible, selon lui.

Ces "allégations" ont été démenties par les autorités qui ont assuré que M. Chammari n'était soumis à "aucune restriction".

Cofondateur de la fondation euro-méditerranéenne de soutien aux défenseurs des droits de l'Homme (FEMDH), cet ancien dirigeant de la fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et de la ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH) a motivé sa décision par "la cessation de la filature ostensible et collante" dont il faisait l'objet, selon lui.

Il s'est félicité que des "amis" défenseurs des droits humains aient pu lui rendre visite dimanche et d'avoir pu se rendre, en compagnie de plusieurs personnalités de la scène associative, à une rencontre à la délégation européenne à Tunis.

Il a également mentionné la levée de l'interdiction qui lui était faite d'accéder aux locaux "des partis légaux non vassalisés et des associations non gouvernementales indépendantes".

Il s'est toutefois fixé un "délai", le mardi 2 mars prochain, pour considérer qu'il a été mis un terme aux "mesures arbitraires" qui le frappaient, selon lui et la fin de "ce long épisode d'atteinte à (ses) droits fondamentaux".

A cette date, il compte se rendre à Bruxelles pour participer à une réunion du réseau Euromed des droits de l'Homme, avant de gagner Paris pour y être hospitalisé. AP

source :nouvelobs.com

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