Festival Selouane: Matinée-débat autour des thèmes : Jeunes, Musique underground et médias Alternatives au Maroc

Dans le cadre du festival Selouane organisé par l’association Sala Moustaqbal, l’Action Jeunesse et le portail électronique de la société civile Maghreb/Machrek ont organisé une matinée-débat autour de la thématique « Jeunes, Musique underground et médias Alternatives au Maroc » le Samedi 18 Avril 2009 à la maison des jeunes Tbriket.
Plusieurs acteurs associatifs, notamment des jeunes, des représentants des groupes musicaux et des journalistes, tous venant de différentes ville du Maroc (Larache, Kénitra, Khémisset, Casablanca, Oujda, Rabat, Salé…) ont participé à cette rencontre-débat qui s’inscrit dans le cadre des préparatifs pour les deux scènes de musique underground qui auront lieu le 24 et 25 Avril à la ville de Salé Al Jadida.
L’objectif de cette rencontre est de créer un débat entre des jeunes associatifs, des jeunes artistes de la nouvelle scène, des professeurs et journalistes autour des thématiques : Musique underground et Médias Alternatives. Cette matinée-débat visait également à promouvoir la notion des médias alternatives et sensibiliser les groupes de la nouvelle scène autour de l’importance de s’ouvrir sur les mouvements sociaux prônant la liberté d’expression, la démocratie et les droits humains.

L’underground, ou la nouvelle expression de la jeunesse :

Karima Bourhnim, étudiante chercheur et spécialiste de la question de la nouvelle scène au Maroc, a présenté un exposé concentrant sa recherche en Master intitulée : « Etude culturelle de la nouvelle scène marocaine ». Dans cet exposé, la jeune chercheur a indiqué que la nouvelle scène est un concept qui concerne, Rap le Break-Danse, la Fusion ainsi que le Rock (Hard-Rock et le Métal). Cette musique peut être considérée alternative dans la limite qu’elle emploie un langage courant, voire informel. Selon l’intervenante, ce nouveau genre musical commence à prendre de l’ampleur en s’implantant dans toutes les villes et villages marocains. Elle a mentionné aussi que cette musique a été influée dans certaines limites par des genres musicaux marocains authentiques tel que Issawa, Gnawa, Ahidouss… ce qui pourrait signifier la cohabitation des cultures modernes et anciennes.
L’intervenante a constaté également que les groupes musicaux de l’underground et leurs fans se distinguent par leur « Look » qui « sort de l’ordinaire ». C’est un Look spécial qui se base sur des signes symbolisant la révolte et le refus de la réalité.

Le Portail E-joussour au service de la culture alternative :

Dans son intervention intitulée « le rôle des médias alternatives dans la promotion des nouvelles cultures et modes d’expression », Montassir SAKHI, Editeur et Mobilisateur du Portail électronique de la société civile Maghreb/Machrek a précisé que la nouvelle scène (dite Underground) doit être respectée comme étant une expression de tout un groupe social. Il s’agit d’un nouvel mode d’expression qui doit être encouragé et valoriser par les différents acteurs de la société civile ainsi que des décideurs. Il a signalé l’Etat marocain, par son caractère conservateur a lutté contre la parution et l’encrage de cet art dans la société au départ. Pour lui, cela s’est manifesté par la condamnation des groupes musicaux casablancais considérés comme des « Sataniques » tout à la genèse de cette culture. Or, après que cet art a pu s’imposer en se reposant sur l’expression de la rue, résistance et le refus de la réalité amère dans laquelle se trouve la jeunesse marocaine, l’Etat a orienté sa politique vers l’accaparation de ces groupes et « l’achat de leurs voix » en encourageant les grandes sociétés capitalistes pour investir dans « cet art  qui a commencé à se commercialiser ».
L’intervenant a indiqué aussi que le rôle de la société civile est celui d’encadrer ces jeunes musiciens loin de toute démagogie ou idéologie limitant la liberté de l’expression et imposant des limites au « Verbe et Geste artistiques ».
Selon la même intervention, les médias au Maroc, notamment les médias alternatifs, sont invités à décloisonner la culture alternative en général, et la musique underground en particulier, puisqu’il s’agit d’une musique cherchant à changer la situation et à militer contre les aberrations que connaît la société. Pour illustrer, l’intervenant a signalé l’exemple du Portail électronique de la société civil Maghreb/Machrek E-joussour qui tâche d’assurer une visibilité aux actions et activités des groupes musicaux de la nouvelle scène, en les considérant comme des mouvements sociaux luttant contre le capitalisme et la mondialisation néolibérale sauvage. Il a affirmé que le portail E-joussour souhaite être un porte parole et une plateforme permettant l’évolution de l’Underground au Maroc comme dans l’ensemble de la région Maghreb/Machrek.

L’engagement des jeunes, une nécessité pour le changement :

De son côté M.Mohamed MOUSSI, acteur associatif, syndicaliste et fidèle accompagnateur des jeunes engagés dans la ville de Salé, a exprimé son contentement pour la dynamique des jeunes dans cette ville. Il a affirmé que la jeunesse constitue un véritable levier du progrès et de la lutte contre les idées rétrogrades, l’absolutisme et la situation précaire de la société. Selon M.MOUSSI, les jeunes doivent comprendre leur situation afin d’agir correctement. Cela veut dire qu’ « il sont sensés de s’engager dans la société civile et avoir le défit de changer les choses ». Cette intervention a éveillé chez le public, en majorité jeune, une grande satisfaction. Les applaudissements en témoignent.

Par la suite, les jeunes ont débattu la signification et l’évolution de la musique underground au Maroc, ainsi que les différentes problématiques qui bloquent leur itinéraire et les désespèrent.

La deuxième partie du débat était consacrée à la discussion des côtés techniques du déroulement des deux soirées de l’underground qui auront lieu à Salé Al Jadida le 24 et 25 Avril 2009 dans le cadre du festival Selouan organisé par l’association Sala Moustaqbal. Ces deux soirées seront organisées par l’Action Jeunesse et le Portail E-joussour (FMAS).

Les points qui ont été abordés sont les suivants :

•    La confirmation des groupes musicaux participants.
•    L’installation de la scène, et la logistique.
•    Les questions de l’hébergement, l’accueil des artistes, presse…
•    Le staff de l’organisation
•    La programmation.
•    La médiatisation de l’événement.
•    Le financement des deux activités.

Il a été constaté qu’il y a encore du travail à faire pour assurer le bon déroulement de cette soirée Underground. Les jeunes ont fixé Rendez-vous le Jeudi 23 Avril 2009 pour discuter de l’organisation et répartir les tâches entre eux afin de garantir une soirée purement Underground.

 

Rapport E-joussour, par : Montassir SAKHI.

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