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Les prolétaires du Maroc s’uniront-ils? - Dossier syndical

Le militant syndical typique d'hier ne se reconnais plus les mêmesattribues qualitatifs sans pour autant ne pas interpeller les mêmes idéauxcontemporains des droits au travail. La classe ouvrière et les franges decitoyens populaires ont développé une conscience manifeste de l'ingérence deleurs droits fondamentaux par les instances politiques, judicaires et socialesde l'État. La dévolution des conditions d'existence de la classe laborieusenotamment l'augmentation du coût de la vie et la situation précaire de celle-cis'est cristallisée par l'établissement de centrales syndicales. Sur uncontinuum temporel la lutte que mènent ces organisations contemporaines nedérogent pas au socle des revendicationsdes salariés simultanément formulées lors de la constitution. Néanmoins, lesmoyens de revendications antérieures sont désuets et ne peuvent plus articuleravec cohérence le nouveau paradigme des ouvriers contre le patronna.

La lutte acharnée de reconnaissance civique se solde aujourd'hui parune représentation syndicale plurielle. Conformémentau décret n° 1.57.119 daté du 16 juillet 1957, relatif aux syndicatsprofessionnels, et aux autres textes de loi garantissant et organisant laliberté des activités syndicales au Maroc quatre centrales monopolisentla représentation salariale décortiqué comme suit : L'union générale destravailleurs du Maroc (UGTM), la confédération démocratique du travail (CDT),la fédération démocratique du travail (FDT) et l'Union Marocaine du Travail(UMT). Chacun des mouvements a adopté une constitution unique, néanmoins ilsadhèrent tous à des vecteurs syndicaux communs.

Leur lutte se fait au nom des ouvriers. Ils contestent toutes formede discrimination et de préjudice à l'égard de la classe ouvrière. Ils militentpour l'assainissement des conditions d'existence précaire. Ils reprochent aunéolibéralisme d'affaiblir les conditions de reproduction quotidienne dessalariés entre autres, la privatisation du secteur public. En dépits de cela,ils se sont dotés d'instruments politiques afin de faire valoir leurs droits detravail tel que promulgués par la constitution. Ces luttes ne sont paséphémères et balbutiantes mais sont des projets de société. La vision des centralessyndicales conjugue la démocratie, les droits humains et la justicesociale.

Concrètement ces schémas revendicatifs se traduisent par desrequêtes palpables. L'augmentation du pouvoir d'achat, la garantie du respect dudroit de la libre association reconnue internationalement et établissement d'unsystème pourvoyant à la protection sociale sont parmi les multiplesrevendications. La réalisation de ces objectifs tarde à se concrétiser dû à l'indiférencede l'Etat et sa vision anti-réformiste. Les tendances incongrues à l'intérieurdu militantisme expriment la stagnation du syndicalisme et le développementaccélérer de la sphère politique.

La nouvelle interface démocratique du Maroc laisse entrevoir uneréciprocité entre l'État et les syndicats en matière de droit au travail et delibre association. Toutefois le dialogue s'estompe dû à l'opposition faroucheentre le politique et le militantisme. Un rapprochement est dans mire del'UGTM. Le syndicat tente d'épurer le militantisme de souche c'est-à-dire lesaffrontements de rapport de force et plutôt favoriser une relation decoopération avec le patronat. Il y a une certaine consternation de la FDT faceau processus de démocratisation au Maroc. Une réforme s'impose dans la relationentre gouvernant et syndicalisme. L'acquiescement des revendications syndicalesn'est pas explicite dans le discours du gouvernement. À l'instar de sonhomologue l'UGTM, le cynisme de la FDT par rapport au gouvernement ne récuseaucune forme de militantisme mais tente de consolider tout les moyensrevendicatif. La Conférence Démocratique du Travail (CDT) est plusréactionnaire par son approche militante. La léthargie du syndicalisme illustrépar la régression des droits acquis ultérieurement a généré une indignation etun refus de prosternation face aux conditionx d'existence déplorables. Lesdroits du travail ont été le leitmotiv à l'appel à la grève générale le 21 Mai2008. Couronnée de succès, elle a relevé les fractures internes de la centralesyndicale. Enfin une endémie s'est abattue sur les centrales syndicales quisont désormais incapables d'articuler de concert leurs discours protestataires.De plus la dislocation entre l'État et les syndicats se heurte aux doléances dela société civile abdiquée.

Les dialogues et les concertations entre le gouvernement et lescentrales syndicales ne sont pas assouvis quoi que timide. Le gouvernement àréitérer son engagement à analyser les dossiers concernant les revendicationsde la classe laborieuse. Le Premier ministre à acclamer l'indulgence de songouvernement dont l'investissement dans la Caisse de compensation et le gel desimpôts en dépit des forces contingences. Ces mesures ont été saluées tout endénonçant l'ombre qui est projetée sur les réclamations de la masse populaireet l'imputabilité du gouvernement à l'égard des citoyens. Inertie de l'exécutifn'entrave pas le progrès des inégalités sociales dont en témoigne le taux dechômage (11%) et le taux de pauvreté (14.2%).

L'orientation du mouvement syndical semble nébuleuse et titubante.Les droits acquis risquent d'être périmé à constater la corruption dont estaffligée la sphère politique du syndicalisme. Le consensus entre l'État et lemilitant a subrepticement usurpé les instruments revendicatifs au détriment del'effectif militant et de sa volonté associative. Le militant type n'affronteplus dans un no mans land l'ennemie juré, legouvernement. Il copule avec ce dernier afin de retirer de bénéfices sans pourautant être le garant des droits de la masse ouvrière. Le 1 mai a étéaffranchie par le temps et a été vidé de son symbolisme pour les droits dutravail. Les conséquences fortuites de l'avènement du néolibéralisme ont étémutées à un agenda l'éloignant du discours public concernant les droitséconomiques et sociaux. Les prolétaires du Maroc s'uniront-ils pour faire volteface aux conditions de reproduction déplorable?

Pour plus d'informations concernant ce sujet, veuillez consulter lessites électroniques ci-dessous :

 

http://www.fdt-maroc.org/spip.php?article341

http://www.ugtm.ma/fr/intersg.htm

http://www.cmt-wcl.org/cmt/ewcm.nsf/_/64C497293A162089C1256F3C002CC52E?O...

http://www.hns-info.net/spip.php?article14064

http://www.aujourdhui.ma/couverture-details64398.html

http://lereporter.casanet.net.ma/infos/includes/detail.asp?lmodule=Maroc...

http://www.fdt-maroc.org/spip.php?article341

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article1194

http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/syndicat/mongour_maroc.pdf

 

 

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