Darwich ou la voix de l'engagement.

Par_Montassir SAKHI.

Mahmoud Darwich, la voix de l’Intifada, s’est éteint le 09 Août dernier, trois jours après une opération cardiaque. Le grand poète de l’humanité et de tous les peuples massacrés et défavorisés sur terre a rendu l’âme sans pouvoir conrétiser son rêve, celui d’un Etat palestinien libre et indépendant, mais également, celui d’un monde arabe libre et développé.

Darwich est parti un peu loin de nous, mais son étincelle restera à jamais gravée et luisante dans la mémoire collective de tous ceux qui militent pour le droit à une vie humaine honnête et libérée. Son verbe deviendra indéniablement une arme fatale que tous les damnés de la terre et tout peuple subissant le colonialisme pourraient posséder. C’est l’arme de l’espoir et de l’engagement. C’est l’arme de l’amour, la beauté et la lutte sans merci contre les colons et les dévastateurs.

Le roi de la poésie arabe est né le 15 Mars 1941 dans le village d’Al-Birwah, en Galilée, à neuf kilomètres à l'Est de Saint-Jean-d'Acre en Palestine sous mandat britannique. Il est le deuxième enfant d'une famille de propriétaires terriens, avec quatre frères et trois sœurs. Après l'établissement d'Israël en 1948, le village fut rasé entièrement et la famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle resta un an, avant de rentrer clandestinement en Israël où elle découvre que leur village a été remplacé par une colonie juive. La famille s'installe alors à Dair Al-Assad.

Darwish a commencé ses études primaires à Dair Al-Assad, tout en vivant sous la menace constante d'être découvert et exilé par les autorités israéliennes. Plus tard, il finit ses études secondaires à Kufur Yasif, deux kilomètres au Nord de Jdeideh. Enfin, il part pour Haïfa. Son premier recueil de poésie fut publié quand il avait dix-neuf ans (Asafir bila ajniha, Oiseaux sans ailes, 1960). En 1964, il sera reconnu nationalement et internationalement comme une voix de la résistance palestinienne grâce à Awraq Al-zaytun (Feuilles d'olives). Ce recueil deviendra très populaire notamment avec le poème Carte d'Identité.

L’existence de Darwich a connu plusieurs transformations et étapes. Son poème Madih Azhil Al Ali publié en 1982 après la guerre du Liban et les atrocités israélienne à Sebra et Chatila, témoigne d’un état d’âme supraterrestre. On pourrait distinguer Mahmoud Darwich l’engagé,  supportant tout le poids de la guerre et du sang. C’est le dieu de la révolution et la lutte contre la machine à sang.

Il écrivait un jour : « Mais nous souffrons d'un mal incurable qui s'appelle l'espoir. Espoir de libération et d'indépendance. Espoir d'une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l'école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d'amour et de paix. Merci pour porter avec nous le fardeau de cet espoir. »

Est il vraiment mort ? Non je ne le crois pas.