LA 6E ÉDITION DU FESTIVAL DE POÉSIE AMAZIGH S’EST DÉROULÉE DURANT TROIS JOURS À ATH-SMAÏL (BÉJAÏA) ALGERIE

Hafit Zaouchele courrier d’algerie
La sixième édition du festival de la poésie d’expression amazighe qui s’est déroulée à Aït Smaïl du 19 au 21 mars 2008 a pris une dimension internationale avec la participation pour la première fois de deux poètes marocains et aussi de Badou Abdellah, vice-président du réseau amazigh pour la citoyenneté (Azetta) qui est originaire de la région de Agadir au Maroc.

 Depuis l’an 2003 et chaque mois de mars, l’association Adrar N Fad organise le concours

de poésie d’expression amazighe. Cette manifestation se veut un hommage à Mouloud Mammeri, le grand penseur berbériste moderne, celui qui a su servir avec générosité et modestie les causes sacrées de son peuple, en insufflant une vie nouvelle à sa culture tamazight. Le choix du mois de mars pour la tenue du concours n’est pas fortuit puisque cedernier est caractérisé par deux événements importants ayant trait à la poésie. Le premier événement est la Journée mondiale de la poésie qui correspond au 21 mars de chaque année. Le second est l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri sur la poésie kabyle ancienne à l’université de Tizi Ouzou qui porte aujourd’hui son nom, un certain 10 mars 1980. Le président de l’association Djamaoune Hacène nous a déclaré « nous voulons que la Journée du 10 mars soit une journée nationale de la poésie en hommage aux poètes ». Cette sixième édition a été marquée par le sceau des nouveautés. A commencer par la publication d’une revue riche et bien faite où on peut lire dans son éditorial «cette revue se veut une reconnaissance et un encouragement à l’égard des poètes, surtout les lauréats des précédentes éditions. Cette revue contribuera sans doute, à la mise en valeur de la production poétique et de l’enrichissement de la langue amazighe ». On y trouve aussi un aperçu sur la commune d’Aït Smaïl, présentation de l’association, règlement du concours, la biographie et la vie de Mouloud Mammeri, la liste de tous les participants et les meilleurs poèmes des cinq précédents festivals, une panoplie de photos des précédentes éditions et plein d’autres surprises. L’autre nouveauté aussi est l’incorporation d’un 5ème membre du jury qui est un chaoui et enseignant au département de langue et culture amazighes à l’université de Béjaïa comme le reste des membres du jury. D’ailleurs. Kamel Bouamara, l’un des membres du jury, maître de conférences à l’université de Béjaïa, spécialité littérature amazighe et dans une contribution à la revue de l’association a écrit « il doit y avoir divers concours d’expression amazighe en Kabylie et sur le territoire national. Chaque concours doit avoir son propre jury et ce dernier doit fixer les critères d’évaluation sur la base desquels il opère. Cette diversité de concours et de critériologies finira, à la longue par donnerlieu à des mouvements ou écoles depoésie amazighe » Sur le niveau des participants, Badou Abdellah, vice-président du réseau amazigh pour la citoyenneté (Azetta) déclare être émerveillé par le niveau des poètes et poétesses avant d’affirmer que c’est pour la première fois que je viens en Algérie, la Kabylie ressemble beaucoup à notre région. Je me sens chez moi !».On ne peut pas ne pas signaler la forte présence féminine, ça augure de quelque chose de bon ! Les membres du jury composé de cinq enseignants à l’université de Béjaïa ont rendu le verdict dans la matinée du vendredi. C’est ainsi que le premier prix est décerné à Kaci Sadi, originaire de Ath Lkseur wilaya de Bouira. Cet enseignant de traduction à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou et parallèlement étudiant de langue et culture amazighe dans la même université. a eu le second prix lors de la quatrième édition de la manifestation. Le deuxième prix est octroyé à IdirSlimani, originaire de Freha, dans la wilaya de Tizi Ouzou où il exerce comme adjoint d’éducation et il est aussi le metteur en scène de la pièce de théâtre qu’il a écrite lui -même « Ughdim » (le juge) Le troisième prix est décerné à Houd Malek, enseignant de tamazight qui est originaire de Tazmalt, dans la wilaya de Béjaïa, Au cours de l’édition de 2006, des prix d’encouragement ont, en outre été institués, pour encourager la poésie de la femme, celle des variétés chaouies et mozabites, celle de Imzegui (fidèle) et enfin celle de l’adolescent. Le prix d’encouragement de poésie de la femme est attribué cette année à Saïd Meria, le prix d’encouragement de la poésie des adolescents est alloué à Djoudi Fahem, le prix d’encouragement des dialectes chaouis et mozabites est décerné à une chaouie Yahia Bay Fatima. Le prix d’encouragement du poète ou poétesse fidèle au festival est affecté à Ouali Hakim. Mais qu’est-ce que la poésie ? La citation suivante de Bainville l’exprime parfaitement : «La poésie est à la fois musique, statuaire, peinture, éloquence... Aussi est-ce le seul art complet, nécessaire, qui contienne tous les autres.»