La société marocaine est en pleine mutation. Une mutation jugée positive par les différentes institutions étatiques ainsi qu’une minorité représentant la classe aisée, voire riche du peuple marocain. Même mutation est considérée comme une calamité sociale ainsi qu’un désastre qui est entrain de se produire dans notre société. D’ailleurs, multiples réalités s’imposent et affirment que le Maroc connaît à l’heure actuelle une véritable crise. Dans l’amas des souffrances de nos concitoyens surgit le dialogue social. Un dialogue qui s’est déroulé en plusieurs rounds entre les centrales syndicales et le gouvernement de M. El Fassi sans pouvoir aboutir aux résultats trop attendus par toute une classe sociale défavorisée. Les centrales syndicales marocaines ont rejeté en bloc les propositions du gouvernement au troisième round des négociations, tenu lundi 21 avril 2008.
La Confédération Démocratique du Travail (CDT) a même jeté un pavé dans la marre en présentant sa démission de la deuxième chambre du parlement, le 19 avril, pour protester contre le dialogue social, tout en qualifiant les propositions du gouvernement de "ridicules". Le gouvernement avait proposé une augmentation de 2,5 pour cent du salaire minium garanti dans le secteur privé pour les quatre années à venir. Dans la fonction publique, les augmentations proposées varient entre 300 dirhams pour les échelles de 1 à 7, 320 dirhams pour l’échelle 8, 360 dirhams pour l’échelle 9, 430 dirhams pour l’échelle 10 et 4 130 dirhams pour les hauts cadres. Ces augmentations se feront en deux temps : 50 pour cent en juillet 2008 et 50 pour cent en juillet 2009. Pour ce qui est de l’impôt sur le revenu, le gouvernement a proposé une baisse de deux points en janvier 2009, pour passer de 42 à 40 pour cent, et une baisse de deux points supplémentaires en 2011.
Selon Noubir Amaoui, secrétaire général de la CDT, les propositions du gouvernement ne sont pas à la hauteur des revendications de sa confédération pour compenser la hausse du coût de la vie. "Nous avons accordé une chance au gouvernement pour nous exposer une autre offre urgente et équitable", a-t-il déclaré. La CDT a entamé une grève générale le 21 Mai. Une grève boycottée fermement par l’UGTM de l’Istiqlal. Cette grève vient pour réaffirmer le dégoût de la classe ouvrière qui lutte toujours contre les conditions de travail abominables ainsi que les salaires jugés de « moins que rien » par un de nos témoins.
Personne n’a le droit d’omettre aujourd’hui la tragédie de Rosamor. Des dizaines d’innocents martyres ont trouvé la mort sous les flammes de l’exploitation inhumaine de leurs forces de travail par des patronats cupides et ne subissant aucun contrôle. L’Etat doit assumer sa responsabilité devant ces atrocités. D’ailleurs, il s’est avéré que l’Etat s’abstient à protéger ses citoyens jugés en tant que des Sujets dans nos médias officiels.
La hausse des prix des produits alimentaires primordiaux constitue de son côté une affliction qui menace la classe sociale moyenne, se composant principalement des petits fonctionnaires, instituteurs, étudiants, et artisans. Cette catégorie baptisée, classe des forces populaires, vit aujourd’hui dans la précarité et subsiste avec trop de difficultés. Malgré l’absence de l’encadrement partisan et syndical, des milliers de gens ont quitté leur silence pour retrouver les quartiers de Sefrou, Sidi Ifni, Khenifra, et Bensmim. C’étaient des chômeurs, des ouvriers marginalisés, des exclus et des jeunes révoltés qui ont fait sentir leur existence et entendre leurs voix étouffées aux décideurs et aux responsables de notre situation écrasante.
Le dialogue social a bel et bien échoué. Le gouvernement a fait preuve de son rôle marginal dans la vie politique marocaine. Doit-on ridiculiser les partis politiques ou bien incriminer le peuple lui-même ? Doit-on se limiter à rendre hommage à nos ancêtres et jouer à la patience et au silence ? Devrons-nous continuer à dire oui, à baisser nos têtes devant l’absolutisme qui nous accable ?
Il est bien temps de dire non à toutes les brutalités qui alarment notre société. A commencer par celles qui menacent le pouvoir d’achat des classes pauvres et moyennes. La hausse des prix est devenue un véritable fardeau, voire un cauchemar qui terrorise une grande partie des marocains.
Les centrales syndicales devront lutter sans merci contre tous ceux qui veulent incarcérer notre peuple entre les barreaux de la cherté et des conditions abominables de travail. Et cela ne pourrait se produire qu’à travers une volonté de changement qui aura comme source la participation colossale des ouvriers dans l’action syndicale, et au sein des syndicats démocratiques et ayant pour dessein la protection de la classe ouvrière et la lutte pour l’obtention de ses droits.