Droits des migrants
Professeur Samir Amin, économiste, sur Rfi : ‘L’Afrique a connu 50 ans de retard avec une part importante des classes dirigeante
Samir Amin est un éminent professeur d’économie politique du développement de nationalité égyptienne. Il est en même temps écrivain, auteur de plusieurs ouvrages. Il préside également le Forum du Tiers-monde et enseigne dans plusieurs universités à travers le monde. Invité par Rfi samedi matin, ce grand spécialiste du Tiers-monde n’y est pas allé avec le dos de la cuillère dans ses critiques contre le système économique mondial actuel. Il n’a pas, non plus, dédouané les classes dirigeantes africaines dans le retard économique et social du continent. Cinquante ans après les indépendances, faites-vous partie de ces pessimistes qui disent que ce sont cinq décennies de perdues ?
Samir Amin : Je ne suis pas un pessimiste et je ne pense pas que ce sont cinquante années de perdues. Je suis très critique à l’égard des Etats africains, des classes dirigeantes. Mais je reste plus critique à l’égard du système économique mondial qui est responsable, en grande partie, des échecs africains. La colonisation a été catastrophique. Au sortir de la colonisation, au Congo belge, il n’y avait que neuf Congolais à avoir fait des études supérieures. Avec les trente ans du régime de Mobutu qui est l’un des plus ignobles qu’on ait connus dans l’histoire, les Congolais qui ont fait des études supérieures se comptaient par centaines de milliers. Ainsi, le pire des régimes africains a fait mieux que la belle colonisation belge. Il faut aussi rappeler ces choses-là.
Migrations de travail et insécurités humaines Afrique occidentale – Europe
Bernard Founou Tchuigoua et Alii
Migrations de travail et insécurités humaines Afrique occidentale – Europe
Ce livre est publié sous la direction du Camerounais Bernard Founou Tchuigoua, docteur d’Etat ès sciences économiques et du sénégalais Alfred Inis Ndiaye, docteur en sociologie. Il traite d’un des sujets les plus importants du présent et de l’avenir de l’humanité puisqu’il s’agit des relations entre les migrations internationales de travail et la sécurité humaine.
Najlae est de retour ! Et de quatre !
Tous les trois sont lycéens, marocains, sans papiers. Tous ont été expulsés, tous sont revenus, légalement, acclamés par leurs copains, leurs profs, les élus de leur ville et/ou de leur département, leurs voisins, des inconnus aussi, révoltés de ce que la loi française actuelle leur avait infligé.
Mounira Haddad. Présidente d’AFAD « Ce sont nous, les aînés, qui avons failli quelque part »
Un drame n
ational se joue à ciel ouvert. Une forme de suicide collectif de jeunes de 15 à 30 ans, qui devient un acte banal. Ni la classe politique, ni la société civile, ni les pouvoirs publics ne donnent l'impression de s'émouvoir. Ils sont tous aux abonnés absents face à une jeunesse en plein malaise, une jeunesse rongée par l'absence de perspectives d'avenir. Seul le président de la République peut prendre des mesures urgentes pour faire face à ces multiples SOS d'une jeunesse aux abois. « Nous allons vers une non-assistance à personnes en danger. » C'est ainsi qu'a réagi Mounira Haddad, présidente de l'association Afad, qui milite depuis des années pour la défense des droits des migrants, demandeurs d'asile et réfugiés. Dans cet entretien, elle exprime les raisons qui poussent les jeunes Algériens à multiplier les expéditions vers l'inconnu, souvent aussi vers la mort.



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