le mémorandum de l'Action Jeunesse
Action Jeunesse, groupe jeune du Forum des Alternatives Maroc, a été constituée en 2002 par des jeunes militants, croyant aux principes universels des droits humains et visant à une mondialisation moralisée et sociale qui considère l’Homme comme étant une valeur et non pas une marchandise. Ces jeunes militants croient au droit des jeunes à la participation à la prise des décisions. Action Jeunesse s’occupe de la mobilisation des jeunes, à travers la promotion des valeurs de la citoyenneté et de la démocratie, pour qu’ils deviennent des acteurs participant à la constitution d’une société démocratique, moderne et reposant sur la base de l’égalité et la justice.
Objet du Plaidoyer :
Le plaidoyer pour des politiques publiques en faveur des jeunes, vers la généralisation des budgets publics sensibles au Genre.
Les objectifs :
· La mobilisation des jeunes pour défendre leur droit à des politiques en faveur d’eux.
· La généralisation de l’approche du Genre social dans les budgets de l’Etat.
· La mobilisation des associations et organisations de la société civile autours de ce sujet.
· Sensibiliser, les jeunes, l’opinion publique, les mass médias et les acteurs concernés sur ce sujet.
· La création et l’élargissement des espaces d’échange et de dialogue avec les acteurs sociaux institutionnels pour prendre en compte les préoccupations des jeunes.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions que mène Action Jeunesse, qui conformément à ses principes et à sa stratégie, vise depuis 2002 la promotion de la participation de la jeunesse au processus d’émergence d’une citoyenneté basée sur le respect des droits et l’exercice des pouvoirs des citoyens, et tout particulièrement l’enracinement et la promotion des valeurs attachées à la dignité humaine, aux droits de l’homme et aux principes de la démocratie, de l’égalité et de l’équité. Elle vise notamment à la mobilisation et l’encadrement des jeunes pour assurer le changement des politiques publiques pour qu’elles deviennent en faveur de la jeunesse.
Les politiques publiques relatives à la jeunesse
Au niveau international :
La journée du 14 décembre
Malheureusement, jusqu’en 2008, et en dépit du fait que 13 années se sont écoulées depuis l’adoption de cette recommandation, le développement de la jeunesse, dans tous les régimes du monde, souffre encore de la permanence des obstacles au niveau national et international malgré les différences d’un pays à l’autre.
Le rapport de l’ONU de l’année 2007 sur la jeunesse, comporte de nombreux avertissements concernant les menaces qui pèsent sur le développement de la jeunesse. Et malgré son affirmation que pas moins de 1,2 milliard de personnes âgées de 15 à 29 ans, en 2007, constituent la meilleure jeunesse éduquée dans l’histoire, il souligne que la réalité de ceux-ci est très déplorable. Le rapport expose de nombreuses données éloquentes, dont :
200 millions de jeunes vivent à moins d’un dollar US par jour
- 130 millions sont analphabètes
- 10 millions sont atteints du VIH (SIDA)
- 88 millions de jeunes sont au chômage
Les jeunes constituent 18% de la population mondiale et sont une ressource importante pour le développement nationale. L’un des grands enjeux de toutes les politiques publiques qui doivent être en harmonie avec les besoins, les exigences et la réalité de cette couche de la société.
A ce propos, l’éducation, la santé, l’emploi, la culture, la lutte contre la pauvreté, l’industrie et le commerce, les droits de l’homme (…) constituent des domaines prioritaires pour la jeunesse. C’est ce qui fait du domaine de la jeunesse un espace pour « les politiques intégrées », tout en sachant que cette approche est la plus répandue dans de nombreux pays. Ces politiques sont gérées par des agences nationales (indépendantes ou collectives) qui englobent les diverses parties actives de la société, y compris la société civile.
Au niveau national :
1. Les jeunes ayant entre 15 et 34 ans constitue le tiers de la société marocaine. Leur nombre remonte à 11 million de jeunes selon l’étude de la Banque Mondiale effectuée en 2006.
· La moitié de cette population est considérée Non-active (élèves, étudiants, femmes de foyers, malades…)
· Seule la moitié est active.
· Environ d’un million de jeunes sont en chômage.
o 70% sont des hommes et 30% des femmes.
o 25% ayant obtenu des diplômes supérieurs.
o 80% se concentrent dans les milieux urbains.
o Le chômage des jeunes est trois fois plus élevé que chez les autres catégories sociales (35ans et plus).
2. Le taux élevé de l’analphabétisme chez les jeunes (34%), ce qui veut dire que plus de 4 millions de jeunes ne savent pas écrire en aucune langue. La moitié de cette population est composée de jeunes femmes habitant les milieux ruraux.
Les domaines des politiques publiques marocaines sont répartis entre de nombreux secteurs publics et semi publics. Et même s’il n’y a qu’un seul ministère dont le nom officiel contient le terme de « jeunesse », de nombreux ministères et secteurs s’intéressent directement ou indirectement à la jeunesse.
On peut considérer que les départements les plus importants qui traitent de la jeunesse sont : l’enseignement, la santé, la jeunesse, la culture, l’emploi, la solidarité et le développement social, l’industrie et le commerce, les finances, et même les autres départements ont un rapport direct ou indirect avec la jeunesse.
Malgré cette présence apparente, le traitement habituel de la jeunesse réduit celle-ci au département de la jeunesse et des sports. Bien plus, très souvent on établit un lien entre jeunesse et loisir, sans plus. En fait, si les loisirs sont importants dans la vie des membres de la société dans son ensemble, et non seulement pour la jeunesse, les problèmes de la jeunesse sont au-delà des loisirs et concernent les contenus réels des politiques publiques dans les domaines susmentionnés (santé, enseignement, culture…)
Par ailleurs, il faut signaler que le programme gouvernemental stipule que le gouvernement œuvrera pour accorder « un intérêt particulier aux franges de la jeunesse dans le cadre d’un programme global et exhaustif à travers la création et la mise à niveau des établissements d’accueil de la jeunesse et le renforcement des programmes à dimension culturelle, éducative et de loisirs en faveur de la jeunesse en milieu urbain et rural (argument du gouvernement soumis au parlement le 24 octobre 2008).
Si ce programme (en cours d’exécution depuis octobre 2007 jusqu’à octobre 2012, en principe du fait du mandat législatif) ne se réfère pas dans ce paragraphe aux questions « les plus sensibles » pour la jeunesse, et notamment l’emploi et l’enseignement, il indique que le gouvernement va œuvrer pour porter « un soin particulier aux couches de la jeunesse dans un cadre global ». Et cela constitue une opportunité pour faire un plaidoyer sur les questions de la jeunesse devant les pouvoirs publics pour mettre à exécution ce programme global.
La rencontre de lancement du projet de plaidoyer, organisée en partenariat avec un groupe d’associations (100 ONG) travaillant dans le domaine de la jeunesse et du développement s’inscrit dans ce cadre. Celle-ci s’est tenue les 21 et 22 mars 2008 à Zagora et a été pensée et conçue comme un espace de débat, d’échange et de concertation entre les jeunes.
L’adéquation des budgets publics affectés au développement de la jeunesse, à sa réalité et à ses besoins actuels est la finalité de ce projet. Il vise, en effet à amorcer un processus de sensibilisation, de mobilisation citoyenne et de construction de mécanismes d’évaluation et de transformation des politiques jeunesse à travers l’analyse de l’évolution des budgets publics consacrés au développement de la jeunesse au Maroc.
En partant des principes de l’Action Jeunesse insistant sur la nécessité de généraliser l’approche du Genre social dans les budgets publics comme étant un principe et une base de la démocratie participative et ayant pour fin de rétrécir les différences économiques et de consolider les droits politiques, socioéconomiques et culturels, l’Action Jeunesse revendique :
1. la réalisation d’une étude sur les jeunes marocains pour connaître leurs aux niveaux économiques, sociaux, culturels et politiques ;
2. l’éclaircissement des budgets en faveur des jeunes à travers la publication d’un Rapport du Genre annexé au projet de la loi des finances.
3. la généralisation des budgets publics sensibles au genre notamment dans leurs volets relatifs aux jeunes.
4. déterminer des politiques publiques marocaines en faveur des jeunes.
5. la création d’une institution nationale pour la coordination, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques visant la jeunesse
1- la réalisation d’une étude sur les jeunes marocains pour connaître leurs aux niveaux économiques, sociaux, culturels et politiques :
Les jeunes constituent le tiers de la population marocaine. Or, cette large catégorie de citoyens connaît une marginalisation, et cela sur différents niveaux : politiques, économiques, sociaux et culturels. Et pour comprendre les véritables besoins de cette catégorie sociale, il est important de savoir plusieurs données statistiques. Et c’est pour cette raison que nous insistons sur le fait de réaliser une étude participative et générale afin de concevoir les besoins des jeunes dans les niveaux sus cités. Cela permettra de cerner les différentes problématiques de la jeunesse marocaine, et essayer d’y remédier par la suite.
2-l’éclaircissement des budgets en faveur des jeunes à travers la publication d’un Rapport du Genre annexé au projet de la loi des finances.
Le rapport du Genre annexé au projet de la loi des finances pourrait constituer une occasion d’intégrer l’évaluation des politiques publiques envers les jeunes, même si ce rapport insiste surtout sur les femmes en général.
Malgré cela, le rapport du Genre est considéré comme parmi les acquis importants de plusieurs acteurs. Depuis 2002, et parallèlement au commencement de la réforme budgétaire, commence à préparer la publication du rapport du Genre à travers la concrétisation de plusieurs actions consistant à donner des formations au profit des acteurs gouvernementaux et civils, chose qui a donner ses fruits à l’an 2005 avec la publication de ce rapport annexé au projet de la loi des finances.
Le quatrième rapport du Genre annexé au projet de la loi des finances de 2009 indique qu’il est « avant la préparation du rapport, il y avait l’organisation des ateliers techniques rassemblant les représentants de 20 secteurs ministériels engagés à intégrer l’approche genre dans le budget, ainsi que quelques institutions publics et la société civile et des parlementaires ». Le même rapport ajoute qu’il a été enrichi par « l’analyse des critères de paies pour les budgets de fonctionnement et ceux d’investissement, ainsi qu’avec la proposition d’une gendérisation de ces critères pour pouvoir évaluer l’impact des politiques publiques sur les populations cibles.
Ce rapport ajoute également qu’il est parmi ses objectifs : « le développement de la culture de l’évaluation et de l’analyse des dépenses publics ». Il signale aussi que le document de 2009 « est enrichi par l’analyse des politiques interactives entre les différents secteurs, et cela contribue à déterminer les relations fonctionnelles entre les ministères pour réaliser les objectifs prédéfinis. »
On peut dire que les grandes questions des jeunes pourraient se trouver principalement dans le rapport connu sous le nom de l’axe de qualification et de renforcement des… ainsi que dans celui de « renforcement des occasions ».
3-la généralisation des budgets publics sensibles au genre notamment dans leurs volets relatifs aux jeunes.
L’ONU a signalé la nécessité de bénéficier et de bien exploiter les idées et capacités des jeunes (femmes et hommes) pour le développement des sociétés où ils vivent :
En l’an 1985, l’ONU a célébré l’année mondiale des jeunes : participation, développement, paix, cette manifestation a mis l’accent sur le rôle prépondérant des jeunes dans le progrès des sociétés, ainsi que sa participation effective dans la promotion des objectifs de la charte de l’ONU.
De son côté l’accord de Maastricht de
En relisant et évaluant ces expériences, nous revendiquant, en tant que jeunes, la détermination des politique publiques marocaines en faveur des jeunes, et cela en :
- Intégrant l’approche du genre social dans les politiques de l’Etat.
- Déterminant des programmes spécifiques aux jeunes dans les politiques de l’Etat.
- Impliquant les jeunes et les ONG dans des processus de concertation au moment de l’élaboration de ces politiques.
- Mettant en œuvre d’une stratégie nationale afin de promouvoir et réaliser ces politiques.
- Créant des mécanismes ayant pour dessein de renforcer la représentativité des jeunes dans les institutions.
4- déterminer des politiques publiques marocaines en faveur des jeunes.
Il est nécessaire de mettre en œuvre un budget répondant à l’approche du Genre social. C’est un outil fructueux qui permet la lutte contre la marginalisation et l’inégalité, tout en prenant en considération l’expérience de l’Amérique Latine, notamment celle de Porto Allègre. Et cela pour que toutes les catégories sociale ; Homme, Femmes, Enfants, Handicapés et Jeunes puissent bénéficier de leur droits naturels, et participer à la gestion de leurs affaires, que cela soit au niveau local ou bien national.
Cela se réalisera à travers :
Il est donc clair que le domaine des politiques publiques visant la jeunesse est un domaine multi départemental, ce qui implique la création d’un mécanisme d’encadrement et de coordination de ces politiques de manière à préserver les spécialisations des départements tout en assurant l’efficacité et la finalité des investissements affectés à la jeunesse. Bien plus, outre les politiques publiques ciblant la jeunesse, il y a de nombreux intervenants nationaux travaillant avec la jeunesse sur de multiples questions essentielles et vitales. Par conséquent, il est nécessaire que le mécanisme créé soit ouvert aux acteurs dans le domaine de la jeunesse conformément à une perspective participative reposant sur la participative active de la société civile à la prise de décision.
7-Pour une stratégie nationale intégrée de développement de la jeunesse







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