Les avocats des 25 militants jugés au Bahreïn se retirent en signe de protestation

La quatrième audience du procès de 25 militants de l'opposition et des droits de l'homme, dont les blogueurs Ali Abdulemam et Abdeljalil Al-Singace, s'est tenue le 9 décembre 2010. Suite aux refus réitérés des autorités de tenir compte des allégations de tortures formulées par les détenus, les avocats des militants ont démissionné collectivement.

Leur décision s'appuie sur l'article 186 du code pénal qui impose la suspension d'un procès lorsque des actes de torture sont dénoncés, et ce jusqu'à ce qu'une enquête soit réalisée. Au cours du procès, Jalila Al-Sayed, l'une des avocates de la défense, a ainsi déclaré, au nom de ses pairs : "Nous nous retirons puisque le tribunal ne tient pas compte de nos demandes d'enquête sur les allégations de tortures. Nous considérons maintenant que ce procès est injuste et contraire aux normes internationales, et nous refusons d'en faire partie." Le procès a été ajourné au 23 décembre 2010.

Les autorités ont à nouveau empêché plusieurs personnalités d'entrer dans le tribunal : Mohamed Maskati, le président de la Bahrain Youth Society for Human Rights, Ghada Jamsheer, militante féministe des droits de l'homme, Ebrahim Sherif, président de la National Action Society, Abdulnabi Alekri, président de la Bahrain Transparency Society et Dr Abdulhadi Khalaf, écrivain, ancien membre du Parlement. Certains membres des familles des prévenus se sont également vu refuser le droit d'entrer. Cependant, des représentants de l'Arab Network for Human Rights Information (ANHRI), ainsi qu'Ahmed Mansour du réseau international pour la liberté d'expression (IFEX) et l'avocat Matthew Moriarty, ont pu assister au procès, aux côtés de quelques médias locaux. Un important dispositif de sécurité, comprenant notamment une surveillance par hélicoptères, avait encore une fois été déployé.

Reporters Sans Frontières

9/12/2010

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